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BCE Associés est une structure spécialisée dans l'audit diagnostic et la transmission d'entreprises (PME-PMI). Nous rayonnons sur le grand Ouest. Cette lettre a pour objet de vous donner régulièrement par abonnement des informations générales sur l'actualité conseil et transmission.

NewsLetter du site bce-associes.com - n° 305 - envoyée le 04/08/2008 10:18:40 .

 Le bon calage de son projet de reprise: quelques principes
Première indication: ne pas partir sur l’investissement de la totalité de ses économies dans le projet de reprise d’une entreprise. La reprise implique un virage financier avec fréquemment la fin d’un statut souvent salarié et du privilège d'un chèque fin de mois qui tombait systématiquement. La mise formée par une épargne consolidée au fil des ans, est souvent puisée dans le bas de laine familial. Mettre à sec ce coffre-fort pourrait déstabiliser la trésorerie nécessaire pour assurer le quotidien du foyer qui compte dans ce choix stratégique. En substance, le plan de reprise d’une entreprise a besoin de s’appuyer sur un dosage prudent et une politique de rémunération qui préserve la bonne tenue de la trésorerie de l’entreprise cible. Le revenu direct du repreneur est assez fréquemment en dessous de sa rémunération précédente par choix afin de ne obérer les ressources directes de l’entreprise et de donner la priorité au résultat financier. Par conséquent, la reprise d’une TPE (qui représente près de 90% des entreprises à reprendre en France) est une solution qui limite la mise de fonds de départ, quitte à constituer sur 3-4 ans un mini groupe regroupant plusieurs entreprises complémentaires. Cette expansion crescendo conduit au développement d’une structure où des talents de manager et de gestionnaire trouveront un terrain fertile. Naturellement, le cursus, l’expérience, la valeur ajoutée et la capacité financière du repreneur auront une influence sur le ciblage de l’entreprise. Toute reprise comme toute création d’une entreprise exigent une fibre entrepreneuriale certaine. Le fait de freiner un enthousiasme pouvant d'emblée paraître trop débridé et d'asseoir son ciblage sur des bases objectives et raisonnables, est l'une des règles d'or du parcours.
La connaissance présumée d’un secteur d’activité signifie maîtriser les caractéristiques du métier et son environnement direct. Les paramètres qualitatifs se conjuguent avec des critères quantitatifs afin de valider la cohérence du projet au-delà des seuls ratios d’appréciation. Une étude récente conduite par Oséo (ex-sofaris) indique qu’un repreneur qui ne connaît pas l’activité de l’entreprise ciblée, a 1,5 fois plus de risque dans les secteurs comme le transport, le BTP ou les services aux entreprises. La taille de l'entreprise est un paramètre structurel déterminant: reprendre une entreprise structurée n’a rien à voir avec la reprise d’une TPE où le repreneur sera plus… homme orchestre que chef d’orchestre. En somme, savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on aura la meilleure légitimité.

 

  L’audit juridique de la cible: un état des lieux pour les parties
Dans le process de reprise, la réalisation des titres ou parts sociales d'une PME PMI entraîne automatiquement le transfert des éléments nécessaires à l'exercice de l'activité. L’intégralité des contrats souscrits la société est par conséquent attachée à ce transfert. Le volet juridique est large et concerne l’entreprise dans son ensemble. Un passage au crible de tous les contrats correspond à un audit afin de se faire une opinion précise sur les risques éventuels liés aux différents engagements de l’entreprise. Ces derniers relèvent du technique, du social, du commercial. Le recours à un conseil juridique rompu à cet exercice est fortement suggéré car le repreneur n’a pas le recul suffisant pour se faire une idée précise sur tout et de plus, son énergie est avant tout à consacrer aux modalités pratiques de la reprise (plan d’affaires, financement à lever, plan d’immersion, etc…).
Dans ce pack audit, on retrouvera la convention collective de l’entreprise, les agréments de l’entreprise (voir si activité soumise à des règles spécifiques), les contrats fournisseurs et clients, les contrats de travail, les contrats d’assurance (matériel et humain), les contrats de location ou leasing, les contrats d’endettements. Sans omettre les différents baux immobiliers voire les titres de propriété, les engagements hors bilans, les litiges connus et sous-jacents, les comptes de l’entreprise (bilans, comptes rendus AG, accords bancaires sur trésorerie, les lignes de découverts, etc.). Bref, comme vous le constatez la liste est imposante et seul un auditeur qualifié est en mesure de vérifier la bonne conduite de l’entreprise sous toutes ses coutures. Il arrive que des repreneurs soient parfois convaincus que ces audits sont accessoires. Certains, en voulant faire quelques économies, se mordent depuis les doigts jusqu’au sang. L’audit est une garantie en terme d’information pour les parties qui en s’ouvrant, tissent un climat de confiance sous le sceau de la transparence. La définition de la GAP (garantie actif et passif) en découle très directement. Il vaut mieux agir rapidement que d’attendre trop longtemps.

 

  Reprise d'entreprise et accompagnement du cédant: un atout à moduler
Prévoir une mission d'accompagnement est une quasi nécessité et ce d’autant plus, quand le repreneur n’est pas directement issu du métier et encore moins du secteur géographique. Une telle situation, si elle est recommandée pendant la première phase de transition, peut à court ou moyen terme engendrer des disfonctionnements relationnels avec le cédant qui peut avoir du mal à décrocher et se cantonner à son rôle de conseil. Une telle passation des clés est à utiliser avec parcimonie et ce d’autant plus si l’entreprise a un véritable caractère familial. La cheville ouvrière de la réussite de la transmission, c’est en priorité les salariés. L’arrivée d’un nouveau boss peut occasionner des interrogations internes: il est donc important d’anticiper les conditions de l’atterrissage en douceur pour éviter une crispation qui trouve régulièrement sa source dans les rumeurs et les colportages. Le rôle du nouveau patron est d’abord de rassurer: proximité physique des équipes, contacts directs à privilégier, utilisation de la verbatim de l’entreprise. Le psychodrame est à bannir. Chemin faisant, le repreneur n'aura pas obligatoirement la même conception de la conduite et du développement de l'entreprise que le cédant qui plus est, peut être un notable local qu’il conviendra de ménager dans la phase de transition. Avant de donner l’impulsion, il est recommandé d’observer et comprendre comment fonctionne l’entreprise sachant que le personnel peut contribuer à mettre en place des améliorations sensibles et trouver ainsi de très saines motivations révélatrices de compétences. Toujours est-il que la réussite de la reprise se joue en général au moment réel du passage du bâton témoin.

 

  Dossiers en création, dossiers actualisés, dossiers en négo…
Nos dossiers sont mis à jour plusieurs fois par semaine en fonction des nouveaux chiffres et des indications complémentaires qui dynamisent l’information. Les règles de confidentialité restent pragmatiques ce qui veut dire que les renseignements demandés aux repreneurs potentiels sont volontairement précis afin de faire gagner du temps à tous. En effet, si la VA n’est pas en réelle adéquation avec le profil souhaitable, il est toujours important de comprendre et d'approfondir les motivations. Délicat en effet de jeter son dévolu sur une activité en dehors de ses connaissances techniques, expériences et compétences (cf. points évoqués plus haut). La reprise n’est pas un acte anodin compte tenu des enjeux financiers, professionnels, personnels qui en résultent. Les médias ont beau ressasser l'antienne ‘700 000 entreprises à reprendre sur 10 ans’: 95% correspondent à des commerces de détail et CHR. Séparons sur le plan de l'information le bon grain de l’ivraie.
Excellent break aux Aoûtiens qui partent.... et bonne rentrée à ceux qui reprennent le collier!